C’était le #BarbecueXpo®, édition n°10

Une rencontre quelque peu éclectique autour des arts plastiques et des mets culinaires locaux s’est déroulée à la Villa Batanga, sise à la Cité CICAM, le quartier de l’Université de Douala ce samedi 15 février 2020.

Le #BarbecueXpo®, puisqu’il s’agit de lui, a rassemblé 25 artistes aux profils divers et attiré près de 200 personnes dans le lieu qui sert d’atelier de travail au plasticien Camerounais Désiré Marie Pemeyeké, plus connu sous son nom d’artiste : Mboko Lagriffe. Lequel a acquis une renommée internationale en habillant de l’une de ses fresques le fuselage d’un Boeing 737 de la compagnie aérienne Royal Air Maroc.

Mboko Lagriffe pendant le #BarbecueXpo®

La première édition du #BarbecueXpo® s’est déroulée en 2004. L’idée de Mboko Lagriffe, en initiant cette sorte d’événement alternatif, loin des expositions dans les galeries d’art classiques, était celle de rapprocher les œuvres et leurs créateurs du public. Il faut dire que sous nos latitudes, les arts plastiques semblent n’intéresser qu’une infinitésimale partie de la population. La raison étant souvent liée à une absence de promotion à large échelle de l’art à la fois par les institutions républicaines que par les professionnels du métier.

Pourtant, des galeries d’art sont bel et bien présentes à Douala, la plus connue étant doual’art. La galerie MAM est beaucoup plus récente, ainsi que l’Annie Kadji Art, une galerie d’art contemporain située à Bonapriso, l’un des quartiers cossus de la ville.

Le #BarbecueXpo® vise des publics qui ne sont à priori pas les premiers ciblés lorsqu’il s’agit des arts plastiques : les jeunes et les travailleurs à revenus moyen. Il repose sur un concept simple : moyennant un accès à un prix modique, le public peut découvrir les diverses œuvres exposées qui sont toutes vendues par les artistes au prix unique de 100.000 (cent mille) francs CFA. L’organisateur se rémunère sur les entrées et ne prélève aucune commission sur les ventes des artistes exposés. Le but de Mboko Lagriffe, hormis le fait de donner l’accès de l’art à un public différent, est d’offrir un espace d’exposition aux artistes en herbe, qui n’ont pas encore suffisamment de bouteille pour avoir accès à des galeries réservées à l’élite du métier.

En plus de découvrir les œuvres et d’en acheter pour ceux qui en ont les moyens, chaque visiteur peut consommer gratuitement des mets culinaires et des boissons locales : l’okok, le poisson braisé, le koki, le matango (la sève de palmier), le bissap ou foléré (jus d’hibiscus), le jus de baobab, etc. En outre, une petite foire permet de découvrir et d’acheter des produits cosmétiques et alimentaires étiquetés bio.

Cette 10e édition du #BarbecueXpo® a été agrémentée de deux articulations subsidiaires : le défilé de mode permettant de découvrir quelques créations vestimentaires de Mboko Lagriffe et le Bantou Arts Atelier for Kids, un atelier d’initiation destiné aux enfants.

L’ambiance, bon enfant, a été quelque peu ternie par la coupure d’électricité qu’a subi le quartier pendant de longues heures.

La prochaine édition du #BarbecueXpo® se déroulera dans deux ans, en 2022.

Photos : René Jackson Nkowa

Mes remerciements à Mboko Lagriffe et à Etienne Talla, qui m’ont permis d’intervenir comme consultant lors de l’organisation de cette 10e édition du #BarbecueXpo®.

2 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *